Catégorie : Gaming

  • L’e-sport, « compétition de jeux vidéo » encadrée

    L’e-sport, « compétition de jeux vidéo » encadrée

    La pratique des jeux vidéo tend à se sociabiliser et conquérir un marché de plus en plus large.

    Le droit s’est emparé de la question du statut juridique de l’e-sport et des compétitions de jeux vidéo.

    La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique tente d’encadrer cette nouvelle pratique.

    Est-ce que l’e-sport est un sport ?

    Les articles 101 et 102 de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique sont venus encadrer la pratique de l’e-sport et de la « compétition de jeux vidéo ».

    Pendant longtemps les compétitions de jeux vidéo étaient comparées à des jeux d’argent ou à des compétitions sportives.

    Toutefois, la reconnaissance d’une activité e-sport en tant que sport, bien qu’il y ait des considérations d’habilité, de stratégie et d’intelligence, semble difficile à établir. L’objet du jeu vidéo est varié et il n’existe aucun critère permettant d’établir une liste de jeux ne proposant que du contenu sportif. Par conséquent, les organisateurs de compétitions professionnelles de jeux vidéo, les éditeurs et les créateurs de jeux vidéo ne peuvent bénéficier du régime protecteur du Code du sport (droit d’exploitation des compétitions sportives, de sécurité des manifestations sportives, d’assurance et de statut des joueurs professionnels).

    C’est pourquoi, la loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 a établi un régime autonome des compétitions de jeux vidéo, tout en visant à protéger les joueurs par le droit du travail.

    Ainsi, le législateur a retenu la définition donnée par le Code général des impôts et a appréhendé le e-sport par le biais des jeux d’argent. Toutefois, les compétitions de jeux vidéo ne pouvaient pas avoir un enjeu financier, une chance de gain, et donc qu’elles ne pouvaient pas être des jeux d’argent.

    Aussi, le législateur a précisé que la dérogation ne valait que pour les compétitions « pour lesquelles le montant total des droits d’inscription ou des autres sacrifices financiers consentis par les joueurs n’excède pas une fraction, dont le taux est fixé par décret en Conseil d’État, du coût total d’organisation de la manifestation… ».

    Par conséquent, les frais de participation ne doivent pas être disproportionnés par rapport aux gains que peut envisager le joueur.

    De même, « lorsque le montant total des gains ou lots excède un montant fixé par décret en Conseil d’État, les organisateurs de ces compétitions justifient de l’existence d’un instrument ou mécanisme, pris au sein d’une liste fixée par ce même décret, garantissant le reversement de la totalité des gains ou lots mis en jeu ».

    Enfin, la loi du 7 octobre 2016 précise que la gestion du contrôle des compétitions de jeu vidéo relèvera de la compétence d’une « autorité administrative ».

    L’article 101 de la loi du 7 octobre 2016 préconise un système de contrôle via une déclaration préalable, en précisant que « les organisateurs déclarent à l’autorité administrative, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État, la tenue de telles compétitions. Cette déclaration comporte les éléments permettant à l’autorité administrative d’apprécier le respect des conditions prévues aux deux premiers alinéas ».

    Ce système se double d’un agrément. Cet agrément est requis par l’article 102, I, qui dispose que « le joueur professionnel salarié de jeu vidéo compétitif est défini comme toute personne ayant pour activité rémunérée la participation à des compétitions de jeu vidéo dans un lien de subordination juridique avec une association ou une société bénéficiant d’un agrément du ministre chargé du numérique, précisé par voie réglementaire ».

    Ainsi, l’organisateur de compétitions de jeux vidéo doit obtenir un agrément pour pouvoir organiser son événement.

    La protection des joueurs par le droit du travail ?

    Désormais, avec l’article 102 de la loi du 7 octobre 2016, le statut des joueurs est réglementé par le code du travail.

    Les joueurs peuvent faire l’objet d’un contrat à durée déterminée à l’image de celui des sportifs. Le statut de joueurs professionnels de jeux vidéo est assez similaire à celui des sportifs professionnels, notamment en ce qui concerne la gestion de carrière et les modes d’exercice des activités.

    Certaines prérogatives des sportifs ne sont cependant pas étendues aux joueurs de jeux vidéo (par exemple : la couverture sociale, les aides financières).

    Ainsi, loin des contrats services qui séduisaient de nombreux organisateurs de compétitions de jeux vidéo et des contrats de prestations de services qui offraient une certaine souplesse pour les joueurs, le contrat de travail soulève de nombreuses questions notamment en ce qui concerne les cotisations sociales et l’objet même du contrat.

    La loi insiste sur le fait que le contrat doit être rédigé en trois exemplaires originaux, être établi par écrit, mentionner l’identité des parties, la date d’embauche du joueur, et la durée de son engagement, qui ne peut être supérieure à cinq ans.

    Le contrat doit comporter la désignation de l’emploi et le montant de la rémunération.

    À noter que la méconnaissance de ces dispositions est passible d’une peine d’amende de 3 750 €, avec une peine d’emprisonnement de six mois en cas de récidive.

    Bien qu’un encadrement ait été pensé et établi par le législateur, il n’en demeure pas moins que ce régime mis en place soulève de nombreuses questions auprès des communautés de gamers et des organisateurs de compétitions de jeux vidéo.

    Peut-on faire un parallèle avec le droit du sport, au risque de requalifier à l’issue l’e-sport en sport ? À noter que la méconnaissance de ces dispositions est passible d’une peine d’amende de 3 750 €, avec une peine d’emprisonnement de six mois en cas de récidive.

  • La fiscalité des joueurs de jeux vidéo : le Cash Prize

    La fiscalité des joueurs de jeux vidéo : le Cash Prize

    Il ne fait plus aucun doute que l’univers des jeux vidéo est un marché à part entière, en plein essor où chaque joueur essaie gagner une partie, un tournoi, ou une compétition.

    Certaines compétitions de jeux vidéo regroupent des milliers de joueurs qui s’affrontent pour remporter le « cash prize » et de nombreuses dotations.

    Le cash prize est un gain d’argent, une récompense donnée à un joueur pour avoir gagné la compétition.

    Cette somme d’argent doit, en principe, être déclarée à l’administration fiscale. Le cash prize doit être imposé.

    Toutefois, un joueur qui gagne ponctuellement et sporadiquement des sommes d’argent provenant de compétitions n’a pas à payer d’impôts sur ces sommes dès lors que celles-ci ne constituent pas sa principale source de revenus.

    Donc seuls les joueurs « professionnels » dont les cash prize constituent leur principale source de revenus doivent déclarer ces sommes.

    Mais il importe de distinguer les joueurs « professionnels » salariés des joueurs « professionnels » prestataires de service :

    – S’ils sont salariés, les cash prize devront être déclarés au titre de l’impôt sur le revenu par le joueur. Parallèlement, ces sommes (dites primes de match) feront l’objet de cotisations sociales et prélèvements fiscaux liés à tout type de contrat de travail.

    – En tant que prestataires de service, les joueurs doivent choisir un statut juridique pour leur structure afin de pouvoir encaisser les gains. Les sommes perçues sont soumises à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés selon la structure juridique choisie.

    Les organisateurs de compétitions doivent être en mesure de tenir une comptabilité afin de pouvoir prouver la réalité de ces sommes et pour pouvoir délivrer au gagnant un récépissé prouvant le versement des fonds.

    Les organisateurs peuvent également être amenés à solliciter une facture auprès des joueurs salariés ou joueurs-prestataires de services afin de pouvoir verser les sommes d’argent.

    À noter que, les sommes obtenues ou versées ne sont pas assujetties à la TVA.

    Retrouvez notre vidéo explicative :
  • Je souhaite créer une entreprise de jeux vidéo

    Je souhaite créer une entreprise de jeux vidéo

    Le grand jour est arrivé, vous souhaitez vous lancer dans l’aventure de l’entreprenariat, dans le monde du gaming ! Franchissez le pas en suivant nos conseils !

    Il importe dans un premier temps de bien choisir le statut juridique de votre entreprise. Cette étape n’est pas à négliger puisqu’elle conditionnera le développement de votre activité et votre assujettissement à l’impôt.

    Vous pouvez adopter les statuts de micro entreprise, à savoir : l’auto entreprise ou EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée) qui permet de distinguer le patrimoine personnel du patrimoine professionnel. Le statut d’EIRL permet de protéger les biens personnels.

    Le statut d’auto entrepreneur présente l’avantage d’être facile et rapide à mettre en place, à moindre coût.

    Vous avez également la possibilité d’adopter le statut d’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité limitée). L’EURL est une forme de société qui permet de limiter la responsabilité de l’associé unique au montant de ses apports.

    Enfin, vous pouvez adopter le statut de SAS (Société par Actions Simplifiée) s’il y a plusieurs associés ou de SASU si vous être le seul actionnaire.

    La SAS présente un cadre juridique moins rigide, reposant sur un dispositif statutaire étendu et sécurisant, et présentant de nombreux avantages fiscaux.

    Est-il nécessaire de rédiger un Business Plan ?

    Peu importe où vous en êtes dans l’avancement de votre projet, en tant que créateur d’entreprise, il devient de plus en plus nécessaire de faire une étude de marché et de rédiger un Business Plan.

    Le Business Plan permet de clarifier et de présenter le projet auprès des banques ou des organismes de financement. Beaucoup de créateurs d’entreprise obtiennent une aide financière auprès d’associations d’aide à la création d’entreprise grâce à leur Business Plan.

    Le Business Plan permet d’établir des états financiers prévisionnels qui vous permettront de mieux évaluer votre capacité de financement et faire face à d’éventuelles dettes.

    Quelles sont les aides à la création d’entreprise de jeux vidéo ?

    Vous pouvez contacter dans un premier temps le Pôle Emploi afin qu’il puisse vous accompagner dans votre projet. Pôle Emploi déploie assez régulièrement des dispositifs à la création d’entreprise comportant des formations, des accompagnements avec des professionnels et des aides financières.

    Vous pouvez également demander à bénéficier de l’ACCRE, si vous être chômeur créateur ou repreneur d’entreprise, pour être exonéré partiellement et dégressivement des charges sociales pendant quelques trimètres.

    Parallèlement, vous pouvez déposer un dossier de création d’entreprise auprès de certaines régions afin d’obtenir un soutien et/ou des aides financières régionales.

    Enfin, en tant qu’entreprise de création de jeux vidéo vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt sur une partie de vos dépenses se rapportant à la création du jeu. Pour pouvoir bénéficier du crédit d’impôt, le coût de développement du jeu doit être supérieur ou égal à 100.000 € ; le jeu doit être réalisé par des auteurs ou collaborateur français et/ou européen, et le jeu doit être destiné à un large public et être commercialisé auprès de celui-ci.

    Qu’est-ce que vous devez prendre en compte avant de créer votre entreprise de jeux vidéo ?

    Créer une entreprise représente un coût non-négligeable et votre Business Plan sera un parfait indicateur quant au montant de ce coût.

    Vous vous rendrez vite compte qu’au-delà des frais dits « classiques » propre à toute entreprise vous devez prendre compte les rémunérations des créateurs du jeu, les dépenses de personnel, les dépenses de fonctionnement (matériel informatique) et les dépenses de sous-traitance.

    Vous pouvez bien évidemment créer une entreprise de jeux vidéo sans apport personnel et en faisant appel à des investisseurs extérieurs.

    Le montant de l’investissement dépendra de votre savoir-faire et de votre capacité à développer tout seul le jeu vidéo. Si vous faites appel à des développeurs, des scénaristes et à des commerciaux pour promouvoir votre entreprise, vous aurez besoin d’un financement plus conséquent pour pouvoir payer le personnel et subvenir à vos besoins durant les premiers mois de lancement de votre activité.

    Un jeu vidéo est une œuvre de l’esprit protégée par les droits d’auteur. Aussi, vous devez vous assurer, avant de commercialiser le jeu, que l’ensemble des auteurs, qui ont contribué à la création du jeu, vous ont cédé leurs droits sur leurs contributions (contrat de cession de droits d’auteur).

    Pensez à intégrer au « certificat de valeur garantie » un contrat de licence d’utilisation du jeu.

    Participez au circuit de commercialisation de votre jeu ! Appliquez-vous dans la rédaction de vos Conditions Générales de Vente, figurant sur votre site web ainsi dans la rédaction de vos contrats passés avec des prestataires !

    Enfin, avant d’immatriculer le nom de votre entreprise, vous devez vous assurer que le nom que vous avez choisi est disponible. Vous pouvez faire cette recherche à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), via une recherche d’antériorité.

    Une entreprise bien pensée est une entreprise pérenne et rentable !

  • Devenir Streamer de jeux vidéo

    Devenir Streamer de jeux vidéo

    Voici quelques pistes de réflexion pouvant vous aider à démarrer une carrière de streamer …

    Le métier de streamer

    Généralement, « streamer » un jeu vidéo consiste à diffuser une session de jeu sur une plateforme afin qu’un public puisse visionner le jeu. La transmission de session de jeu à une communauté « gaming » est complétée par des commentaires sur les parties effectuées par d’autres joueurs (casteurs) et d’autres sessions de création en lien avec le jeu.

    Les streamers sont en principe des joueurs de haut niveau qui connaissent parfaitement le déroulement des jeux et des tournois. Ce sont des personnes très charismatiques qui savent fédérer un réseau.

    Néanmoins, tout le monde peut devenir streamer et partager du contenu avec la communauté « gaming » dans le but d’échanger autour d’une passion commune.

    Les formes de streaming de jeux vidéo

    Il existe différentes formes de streaming de jeux vidéo :

    • les chaînes qui diffusent toute la journée et permettent aux streamers de se relayer sans interruption. Les grands tournois sont, en principe, retransmis sur ces chaînes à grandes audiences ; Les streamers sont recrutés via des contrats à durée déterminée et peuvent bénéficier d’une assistance de la chaîne qui les emploie.
    • les chaînes pour semi-amateurs qui s’apparentent à la précédente catégorie, mais ne proposent pas de contrat à leurs streamers. Aussi, il est fortement conseillé aux streamers de ces chaînes d’avoir une activité en parallèle ;
    • les chaînes de streamers professionnels (qui font partie d’une grande équipe) ;
    • les chaînes tenues par les joueurs déjà connus via leurs différents profils sur les réseaux sociaux ;
    • les chaînes pour amateurs (tout type de streamers venant de divers horizons).

    Qu’est-ce qu’on attend d’un streamer ?

    Un streamer doit connaître parfaitement l’univers du gaming. Il doit savoir préparer les sessions de jeu, savoir modérer le chat, répondre aux questions et être présent durant les sessions de jeux.

    Ses commentaires et ses choix doivent être pertinents et fédérateurs.

    Il doit présenter les nouveautés en matière de gaming.

    Il doit savoir faire face aux différents problèmes techniques qui peuvent survenir et savoir gérer la diffusion des publicités.

    Comment devenir streamer ?

    Avant de se lancer dans l’aventure du gaming, il est conseillé à toute personne intéressée par le gaming de bien choisir sa plateforme de streaming sur laquelle elle voudrait diffuser du contenu (Twitch, Youtube Gaming Mixer, etc., …).

    Une fois que la plateforme est choisie, il importe de bien préparer un programme de diffusion et de déterminer son type de jeu. Se démarquer sur un jeu peut être une bonne stratégie pour se forger une communauté et fidéliser les viewers.

    Il est essentiel d’investir dans un équipement de qualité (une webcam, micro-casque circum aural ou supra aural, micro USB, micro cardioïde, une interface audio et un port USB) et d’avoir une bonne connexion internet afin de satisfaire les viewers.

    Pareillement, le design d’une chaîne n’est pas à négliger. Plus la présentation sera soignée et agréable et plus les viewers prendront plaisir à visiter votre chaîne.

    Vous pouvez enfin proposer un programme d’affiliation à la plateforme choisie.

    Peut-on gagner sa vie en tant que streamer de jeux vidéo ?

    La majorité des streamers créent leur propre société à défaut de pouvoir signer un CDD ou un CDI.

    Les revenus proviennent en partie de la publicité et des abonnements. À ceci, s’ajoutent des donations qui ne sont guère conséquents. Aussi, on ne saurait trop vous conseiller de participer à des tournois et de créer une chaîne sur YouTube pour générer un complément de revenu.

    Enfin, vous pouvez passer pro en intégrant une grosse structure (Millenium, Eclypsia, Gamers Origin), vous obtiendrez par ce biais un peu plus de visibilité et très vite vous serez propulsé.

  • Le droit de la propriété intellectuelle et l’e-sport

    Le droit de la propriété intellectuelle et l’e-sport

    L’E-sport est une discipline qui regroupe des compétitions nationales et internationales réservées à l’élite des jeux vidéo, appelés aussi pro-gamers. C’est en quelque sorte la voie de professionnalisation du joueur de jeu vidéo.

    Néanmoins, l’e-sport intéresse tout type de joueurs (amateurs et/ou professionnels) et l’engouement est de plus en plus présent. Aujourd’hui, des équipe-s se forment et se professionnalisent et des tournois sont organisés tous les mois.

    Se posent toutefois de nombreuses questions autour de cette nouvelle activité naissante qui génère des profits pour les annonceurs et publicitaires.

    Comment peut-on qualifier juridiquement l’ « e-sport » ?

    Jusqu’à lors, les compétitions de jeux vidéo ne sont pas considérées comme un sport tel que nous l’entendons et elles ne relèvent pas du Code du Sport.

    Aussi, la Loi pour une République Numérique du 7 octobre 2016 tend à apporter une certaine clarification quant à la définition juridique des jeux en ligne.

    La loi se réfère à une définition issue du Code Général des Impôts, selon laquelle le jeu vidéo est défini comme « tout logiciel de loisir mis à la disposition du public sur un support physique ou en ligne intégrant des éléments de création artistique et technologique, proposant à un ou plusieurs utilisateurs une série d’interactions s’appuyant sur une trame scénarisée ou des situations simulées« .

    Est-ce qu’un jeu vidéo peut être qualifié d’œuvre d’art dans son ensemble ?

    Longtemps on a considéré que les jeux vidéo étaient simplement des logiciels sans apport créatif.

    Aujourd’hui, forcé de constater que de nombreux joueurs choisissent leurs jeux en fonction de leurs graphismes et de leur originalité. Il ne fait plus aucun doute que les jeux vidéo sont de réelles œuvres d’art constituées d’images, de graphismes, de musiques, de scénario et d’effets spéciaux. Il s’agit d’œuvres de collaboration où plusieurs auteurs participent à un travail collectif (Article L.113-2 du Code de la Propriété Intellectuelle). Généralement, les droits d’auteur sont cédés à l’éditeur du jeu vidéo qui va promouvoir et exploiter le jeu de façon la plus optimale possible.

    L’organisation juridique des tournois ?

    Depuis la loi du 7 octobre 2016, il est autorisé d’organiser des compétitions « confrontant, à partir d’un jeu vidéo, au moins deux joueurs ou équipes de joueurs pour un score ou une victoire« . Pour ce faire, l’organisateur de compétition doit préalable demander une autorisation à l’éditeur du jeu.

    En réalité, l’éditeur conserve l’ensemble des droits sur le jeu même s’il consent quelques licences d’exploitation. Ainsi, un joueur qui achète un jeu, achète seulement une licence, une autorisation temporaire d’utiliser le jeu (cf. Contrat Licence Utilisateur Final, soit CLUF).

    Au même titre, chaque organisateur de tournoi devra demander aux éditeurs de jeux de leur octroyer des licences. À défaut quoi, tout usage sera constitutif d’un délit de contrefaçon.

    De même, les règles du tournoi sont établies par les éditeurs de jeux qui travaillent de concert avec les organisateurs de compétitions à l’établissement d’un certain nombre de conditions et les règles à respecter. Chaque joueur est soumis à ces règles qui figurent entre autres dans les CLUF.

    Les éditeurs de jeux peuvent également modifier unilatéralement les conditions d’utilisation du jeu et fixer les sanctions applicables en cas de non-respect des règles relatives à l’organisation des compétitions de sport électronique.

    Comment attribue-t-on les droits d’exploitation ?

    Désormais, de nombreux tournois sont retransmis sur des plateformes de diffusion (Twitch, YouTube) et touchent des publics de plus en plus variés. Le succès étant fort présent, de nombreuses chaînes de télévision ont su tirer leur épingle du jeu et se positionner sur le marché de l’e-sport.

    Les diffusions d’un jeu en ligne (communication de l’œuvre au public) sont soumises à l’autorisation des éditeurs de jeux (au sens de l’article L.122-2 du CPI).

    En revanche, les droits de diffusion d’une compétition de e-sport devraient appartenir aux organisateurs des évènements puisqu’ils ont pris l’initiative ou la responsabilité de la première fixation d’une séquence d’image du jeu filmé (Article L.215-1 du CPI), au même titre que des fédérations sportives et organisateurs de manifestations sportives qui organisent des évènements sportifs « traditionnels »(Article L.333-1 du Code du Sport).

    Puisque l’e-sport ne relève pas du Code du Sport, il semble difficile d’appliquer les mêmes dispositions qu’aux fédérations sportives.

    Néanmoins, le cadre juridique des jeux vidéo qui est en pleine construction soulève de réelles problématiques. C’est notamment le cas de l’attribution des droits d’auteur aux joueurs qui participent à la création de contenus mis en ligne (User Generated Content).

    La problématique visant la création de contenu dans un jeu par un utilisateur fera l’objet d’un prochain article.

  • La rémunération des streamers : les donations

    La rémunération des streamers : les donations

    De nombreux streamers reçoivent des sommes d’argent de spectateurs, les récompensant, pour les vidéos postées et la qualité de leur travail. Ces participations constituent un moyen d’arrondir les fins de mois, même si elles s’avèrent de faible ampleur.

    Le versement de sommes d’argent par le spectateur peut être qualifié de prestation de services à partir du moment où ce dernier en tire un bénéfice. Il y a une compensation dans le versement de ces sommes pour le spectateur. Ces sommes peuvent être soumises à la TVA si elles sont petites.

    Cependant, si le spectateur donne de l’argent sans en tirer une quelconque contrepartie, ou reçoit une contrepartie dérisoire, le versement des sommes sera qualifié de donation.

    La donation n’est pas taxée en dessous d’un certain seuil.

    Une somme modique peut est qualifiée de « présent d’usage ». Le présent d’usage est le moyen le plus facile de donner une somme d’argent. Le présent d’usage présente deux avantages : il n’a aucune incidence fiscale (aucune déclaration à l’administration fiscale) et aucune incidence civile (n’est pas rapporté à la succession), ce qui n’est pas le cas pour les dons d’argent ou les donations
    Toutefois, pour que ces avantages puissent s’exercer, il faut démontre que les présents d’usage sont ponctuels et répondent à un évènement familial précis, et non à tout moment de l’année, de surcroît de façon régulière. Les présents d’usage ne doivent pas être disproportionnés par rapport aux revenus du donateur, à son niveau de vie.

    Il sera précisé que seules les personnes qui diffusent des contenus par loisir peuvent bénéficier de ces avantages.

    A contrario, les streamers professionnels doivent déclarer les sommes versées par les spectateurs auprès de l’administration fiscale.

    À défaut, la gratification court le risque d’être requalifiée en donation et donc d’être potentiellement taxable (imposée à 60 %, puisqu’il n’y a aucun lien de parenté avec le donateur).

    Les streamers professionnels, ne sont pas obligés de tenir une comptabilité. Mais pour certains d’entre eux, il est tout de même recommandé d’en établir une.

    Enfin, les streamers indépendants qui ont créé une entreprise pour pouvoir exercer à plein temps leur activité sont soumis au régime ci-dessous, à savoir :
     » Les dons et legs reçus par une entreprise sont imposables à titre d’accroissement de l’actif net, conformément aux dispositions du 2 de l’article 38 du CGI. Il doit être tenu compte, pour l’assiette de l’impôt, de la valeur des sommes ou biens légués au jour de leur entrée dans le patrimoine de l’entreprise, quelle que soit leur utilisation, sauf à comprendre parmi les charges déductibles le montant des frais (droits de mutation notamment) supportés par l’entreprise légataire.

    []

    Pour_les_entreprises individuelles ou les sociétés de personnes ou groupements assimilés soumis au régime réel d’imposition, dans l’hypothèse où le bien n’est pas utilisé pour les besoins de l’activité exercée à titre professionnel, les charges et produits y afférants ne sont pas pris en compte dans le résultat professionnel imposable. Par exception, ils sont pris en compte si les produits ne provenant pas de l’activité professionnelle n’excèdent pas 5 % (ou 10 %) de l’ensemble des produits de l’entreprise, y compris ceux issus d’activités professionnelles accessoires mais hors plus-values de cession ».1

    1BIC – Produits et stocks – Produits exceptionnels – Profits autres que les subventions et les indemnités

  • Quelles sont les mentions obligatoires sur un site internet ?

    Quelles sont les mentions obligatoires sur un site internet ?

    Créer un site internet est désormais à la portée de tous, toutefois nombreux sont ceux qui ne prennent pas suffisamment de précautions à l’égard des tiers et des consommateurs.

    Aussi, on ne saurait vous conseiller de bien rédiger les mentions légales.

    La loi sur la Confiance dans l’Économie Numérique en date du 21 juin 2004, dite loi « LCEN » impose certaines mentions légales aux éditeurs de sites Internet.

    Quelles sont les mentions obligatoires ?

    • Pour un site non-professionnel : le nom et l’adresse de l’hébergeur sous réserve de lui avoir préalablement communiqué des éléments d’identification personnelle.
    • Pour un site professionnel :

    S’il s’agit de personnes physiques, il est essentiel d’indiquer leur nom, prénom, domicile, numéro de téléphone, et leur numéro d’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés ou Répertoire des Métiers (selon les formalités d’inscription).

    S’il s’agit de personnes morales, il faut citer leur dénomination ou raison sociale, siège social, numéro de téléphone, le numéro de leur inscription au Registre du Commerce et des Sociétés ou au Répertoire des Métiers, leur capital social, l’adresse de leur siège social.

    À noter : peu importe la nature du site et sa destination, il faut mentionner le nom du directeur de la publication, ainsi que le nom, la dénomination ou la raison sociale, l’adresse et le numéro de téléphone de l’hébergeur.

     

    Et pour les sites de commerce électronique ?

    La loi HAMON en date du 17 mars 2014 est venue renforcer les exigences en matière de sites de commerce électronique.

    Désormais, il faut impérativement mentionner :

    • le nom et le prénom des personnes physiques ou la raison sociale s’il s’agit d’une personne morale ;
    • les coordonnées (postales, téléphoniques et électroniques) ;
    • S’il s’agit d’un commerçant assujetti aux formalités d’inscription au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers, devra figurer le numéro d’inscription ;
    • S’il est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée et identifié par un numéro individuel en application de l’article 286 ter du Code général des impôts : son numéro individuel d’identification.

    Le commerçant doit préciser l’étendue de son offre et fournir sur son site une description précise et complète de l’ensemble des produits et/ou services mis en ligne. Il doit indiquer le prix, les taxes et les frais de livraison inhérents à chaque produit ou service.

    Bien évidemment, en sa qualité de e-commerçant, il doit s’assurer que le consommateur ait été suffisamment informé sur les conditions de vente. Aussi, il est impératif de prévoir une page consacrée aux conditions générales de vente qui devront être acceptées par le consommateur au moyen d’un double-clic et d’un accusé de réception.

    Un site de e-commerce collecte de nombreuses données à caractère personnel, notamment au moment de la création d’un compte client. Aussi, le e-commerçant doit informer le consommateur qu’il peut s’opposer à l’utilisation de ses données personnelles à des fins de prospection commerciale.

    le e-commerçant doit également être attentif au niveau de protection mis en place par son site à la réglementation « Informatique et Libertés ».

    Enfin, il doit veiller au respect des droits de propriété intellectuelle des tiers notamment en ce qui concerne la création du site internet et s’assurer qu’il est titulaire des droits sur l’ensemble du contenu mis en ligne ou à défaut demander l’accord préalable de son auteur.