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  • Protection par le droit d’auteur

    Protection par le droit d’auteur

    En principe, une œuvre est protégée du seul fait de sa création, elle ne nécessite aucun enregistrement auprès d’un Office administratif tel que INPI ou EUIPO.

    Ce qui est protégé par le droit d’auteur

    Si l’on se réfère aux dispositions de l’article L. 112-2 du Code de propriété intellectuelle, le droit d’auteur peut bénéficier à tout type d’œuvre, à savoir :

    1° Les livres, brochures et autres écrits littéraires, artistiques et scientifiques ;
    2° Les conférences, allocutions, sermons, plaidoiries et autres œuvres de même nature ;
    3° Les œuvres dramatiques ou dramatico-musicales ;
    4° Les œuvres chorégraphiques, les numéros et tours de cirque, les pantomimes, dont la mise en œuvre est fixée par écrit ou autrement ;
    5° Les compositions musicales avec ou sans paroles ;
    6° Les œuvres cinématographiques et autres œuvres consistant dans des séquences animées d’images, sonorisées ou non, dénommées ensemble œuvres audiovisuelles ;
    7° Les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture, de sculpture, de gravure, de lithographie ;
    8° Les œuvres graphiques et typographiques ;
    9° Les œuvres photographiques et celles réalisées à l’aide de techniques analogues à la photographie ;
    10° Les œuvres des arts appliqués ;
    11° Les illustrations, les cartes géographiques ;
    12° Les plans, croquis et ouvrages plastiques relatifs à la géographie, à la topographie, à l’architecture et aux sciences;
    13° Les logiciels, y compris le matériel de conception préparatoire ;
    14° Les créations des industries saisonnières de l’habillement et de la parure : couture, fourrure, lingerie, broderie, mode, chaussure, ganterie, maroquinerie, fabrique de tissus de haute nouveauté ou spéciaux à la haute couture, les productions des paruriers et des bottiers et les fabriques de tissus d’ameublement.

    Toutefois seules les œuvres originales font l’objet d’une protection du droit d’auteur.

    La condition de l’originalité est véritablement la condition essentielle à prendre en considération et elle devra être démontrée au juge si un contentieux surgissait.

    Pour ce faire, l’œuvre originale est celle qui reflète la personnalité de son auteur et elle est le résultat d’un processus créatif personnel. Il ne s’agit pas de dire que l’œuvre est nouvelle, mais plutôt qu’elle est différente de par ses caractéristiques propres à elle.

    Aussi, une œuvre qui ressemblerait à une œuvre antérieure, ne se distinguant que par des détails minimes, pourrait se voir refuser la qualité d’œuvre originale.

    Donc, pour qu’une œuvre soit protégée, il faudra démontrer en quoi celle-ci est originale.

    Notons que le droit d’auteur ne protège une œuvre de l’esprit qu’a travers sa forme et pas avant le stade de sa conception. Une idée n’est pas protégée par le droit d’auteur.

    Par conséquent, il importe de conserver tout élément de preuve de la réalisation d’une œuvre afin d’être en mesure de démontrer ultérieurement la paternité de celle-ci

    • Comment dater une œuvre ?

    Afin de donner une date à une œuvre et ainsi déterminer qui est le titulaire des droits, il convient d’avoir recours à divers procédés :

    L’enveloppe SOLEAU. C’est une double enveloppe dont l’une est conservée par l’INPI et l’autre restituée à la personne qui a souhaité dater son œuvre.
    L’enveloppe SOLEAU contient une description ou une reproduction de l’œuvre. L’enveloppe ne peut contenir d’objet tel qu’un CD, une clef USB ou tout autre élément qui pourrait empêcher l’INPI de perforer l’enveloppe.

    L’enveloppe coûte 15 euros et elle existe sous forme dématérialisée.

    Le dépôt sous contrôle d’huissier. N’importe quel type de document (même les supports numériques) peut être déposé auprès de l’huissier et ce dépôt confère à la création une date certaine.

    Notons que le coût est plus élevé puisqu’il faudra compter entre 100 et 500 euros selon l’huissier.

    L’horodatage par des sociétés privées. Ces sociétés proposent de dater et de conserver numériquement les preuves de création (Fidealis, eauteur).

    Notons que ces horodatages ne confèrent aucun droit de propriété intellectuelle, mais permettent seulement de conserver une preuve fidèle de l’œuvre et confèrent une date certaine.

    Le dépôt auprès d’une société d’auteurs. Des sociétés de gestion collective permettent à leurs membres de déposer une œuvre auprès d’elles. Le coût et la durée de conservation du dépôt varient selon les sociétés (SGDL, SACD, SCAM, SNAC, APP).

    S’envoyer à soi-même un courrier recommandé. Cette méthode est de toutes la moins onéreuse puisqu’elle consiste à s’envoyer à soi-même un courrier contenant un exemplaire de l’œuvre créée.

    L’autocollant de l’accusé de réception devra bien couvrir le rabat de l’enveloppe pour éliminer tout doute et tout risque de modification de son contenu.

    Notons qu’il est essentiel que l’enveloppe reste bien cachetée et qu’elle ne soit pas décachetée sans la présence d’un huissier ou d’un magistrat.

    L’envoi de la lettre recommandée peut être fait de façon électronique et une trace informatique du contenu de l’enveloppe peut présenter un réel avantage.

    • Après le dépôt ?

    L’œuvre est protégée durant toute la vie de l’auteur et s’étend jusqu’à 70 ans après la mort de celui-ci.

  • Les revenus tirés de l’œuvre digitale

    Les revenus tirés de l’œuvre digitale

    Beaucoup d’auteurs et d’artistes se demandent comment leurs œuvres peuvent être digitalisées et leur rapporter une rémunération, car surfer sur la vague de la digitalisation présente de nombreux avantages, mais nécessite une certaine prudence.

    Peu importe comment est l’œuvre est digitalisée, il est obligatoire de demander une autorisation à son auteur avant toute exploitation de celle-ci. Aussi, dès qu’une plateforme met à la disposition de ses abonnés des œuvres sans autorisation, le délit de contrefaçon est caractérisé.

    Pour pallier cette carence de nombreuses plateformes légales (Spotify, Deezer, Appel, YouTube…) passent des accords avec les auteurs, les titulaires de droits ou leurs représentants afin de respecter au mieux les droits d’auteur.

    Des accords sont ainsi trouvés entre les artistes (artistes représentés et artistes indépendants) et les majors.

    À noter qu’il existe des services de distribution digitale qui gèrent la distribution des artistes indépendants sur ces plateformes légales.

    Quelle rémunération et pour quelle exploitation ?

    L’usage digital peut consister en des téléchargements ou des streaming.

    • Une œuvre peut être copiée sur un ordinateur, une tablette, ou sur un téléphone portable assez facilement et de nombreuses applications et sociétés ont su tirer leur épingle du jeu en proposant un service facile d’accès et ludique. C’est notamment le cas pour la musique avec la plateforme iTunes et les livres numériques avec Amazon et sa liseuse Kindle. Généralement, la rémunération consiste en un pourcentage sur le prix de vente au public.
    • Une vidéo peut être visionnée et écoutée sur des plateformes spécialisées (Netflix, Deezer, DIS.art, Lux Player). Il s’agit du streaming. Les offres légales de streaming reposent sur des abonnements permettant aux abonnés d’accéder à un catalogue d’œuvres mis en ligne, de manière illimitée. Chaque plateforme détermine le pourcentage qui revient aux auteurs. En principe, la rémunération est fixée dans les contrats passés entre les plateformes et les auteurs et/ou leurs intermédiaires.

     

    Concernant les diffusions et les visionnages dits « gratuits », sur les plateformes telles que YouTube ou Spotify et Deezer (offre gratuite), la rémunération provient de la publicité.

    Des accords sont passés entre différentes sociétés d’auteur et ces plateformes gratuites afin d’assurer aux auteurs une rémunération en contrepartie de l’exploitation de leurs œuvres.

    En quoi consiste la taxe sur les revenus publicitaires ?

    La taxe sur les revenus publicitaires des sites mettant à disposition des vidéos gratuites ou payantes sur Internet a été instaurée par la loi du 29 décembre 2016.

    La taxe vidéo de 2% a pour vocation de financer la création. Elle s’applique à toutes les opérations de « mise à disposition du public en France de services donnant ou permettant l’accès à titre gratuit à des contenus audiovisuels, sur demande individuelle formulée par un procédé de communication électronique ». Cette taxe s’applique aussi aux services de mise à disposition de contenus payants.

    Dispositions européennes ?

    La question de la rémunération des droits d’auteur est un sujet de débat, depuis la présentation en septembre 2016, par la Commission européenne, de la proposition de « directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique ».

    La Commission européenne a souhaité moderniser la législation européenne et réduire les disparités entre les régimes de droits d’auteur, tout en élargissant l’accès en ligne aux œuvres dans l’ensemble de l’UE. Aussi, le projet aborde la question de la rémunération des titulaires de droits et les royalties réalisées via les plateformes de diffusion en ligne.

  • Réalité virtuelle et réalité augmentée

    Réalité virtuelle et réalité augmentée

    La Réalité virtuelle et la Réalité augmentée sont deux notions difficiles à identifier et à encadrer par des règles de droit. Toutefois, ces deux notions font appel à diverses règles de droit transversales qui nous allons aborder dans ce présent article.

    Définitions :

    La réalité virtuelle correspond à un monde artificiel créé au moyen d’un ordinateur, dans lequel un utilisateur est immergé.

    La réalité augmentée est un environnement créé à partir d’un environnement réel dans lequel un utilisateur perçoit des superpositions d’images de synthèse.

    Les droits existants :

    Le fait de pouvoir filmer tout ce qu’il y a autour d’une personne soulève de nombreuses questions en matière de droit à l’image, droit à la vie privée et droit des marques. En effet, l’ensemble des images captées au moyen d’une caméra, ne relevant pas du domaine public nécessite l’octroi d’une autorisation (article 9 du Code Civil). Ces images représentant des monuments, des œuvres d’art, des marques, ou des individus peuvent causer un trouble de jouissance et priver leurs titulaires de la jouissance de leurs droits.

    Aussi, pour limiter les atteintes aux droits des individus, une autorisation devra être octroyée pour chaque exploitation de l’image ; les individus devront préalablement avoir été informés qu’ils seront éventuellement filmés et que les images seront peut-être diffusées.

    À noter que la captation d’une image d’un groupe de personne dans un lieu public ne nécessite pas d’obtenir le consentement de chaque personne apparaissant sur cette photo (car cette image peut satisfaire au droit à l’information).

    Il importe également de limiter, en matière de réalité augmentée, l’usage de certaines superpositions d’images de deux marques concurrentes donnant lieu à des pratiques commerciales trompeuses et de dénigrement de marque.

    Il est également essentiel d’encadrer le traitement des données à caractère personnel, notamment en ce qui concerne la collecte des données pour les applications utilisant la reconnaissance faciale et la géolocalisation. Ainsi, la CNIL a pris position pour certaines applications, leur imposant des obligations de traitement (Par exemple : l’obligation de flouter les visages en direct).

    Pour ce faire, les données personnelles pourront être diffusées et utilisées par les applications de réalité augmentée à condition de respecter certaines conditions. À savoir : informer les personnes concernées sur l’utilisation des informations et leur demander leur autorisation.

    Enfin, les applications de réalité augmentée et de réalité virtuelle peuvent être qualifiées d’œuvre de l’esprit et sont protégeables par le droit d’auteur.

    Ces applications réunissent et intègrent plusieurs composantes, qui forment ensemble une « œuvre multimédia » (reconnue par la jurisprudence comme une œuvre de l’esprit protégeable par le droit d’auteur), une œuvre complexe. Chaque composante de cette œuvre complexe se voit appliquer un régime juridique qui lui est propre en fonction de sa nature et de son caractère réel ou virtuel.

    Parallèlement, les applications de réalité augmentée peuvent être protégées (prise dans leur ensemble sans distinction des composantes) par le droit d’auteur, dès lors qu’elles présentent un caractère original, empreinte de la personnalité de leur auteur.

    Certaines techniques de réalité augmentée peuvent être brevetables à partir du moment où elles sont nouvelles, qu’elles aient une application industrielle et si leur objet peut être fabriqué ou utilisé dans tout genre d’industrie et impliquer une activité inventive.

    De même, une technologie de réalité augmentée peut être protégée au titre des dessins et modèles (l’apparence des produits), sous réserve de remplir les conditions de nouveauté et de caractère propre.

    Désormais, il ne fait plus aucun doute que la réalité augmentée a déjà conquis de nombreux domaines (Par exemple : le secteur du jeu vidéo). Toutefois, cet environnement virtuel soulève de nombreuses problématiques juridiques quant à l’exploitation et la protection des œuvres ou des marques, la préservation de l’ordre public, la protection des consommateurs. Apparaissent également de nombreux enjeux tenant à la protection des données à caractère personnel, à la cybersécurité et aux modes de régulation.

  • Devenir agent sportif

    Devenir agent sportif

    Le métier d’agent sportif est difficile à définir, aussi, on s’en tiendra à la définition donnée par le Code du Sport.

    L’article L. 222-7 du code du sport dispose que : « L’activité consistant à mettre en rapport, contre rémunération, les parties intéressées à la conclusion d’un contrat soit relatif à l’exercice rémunéré d’une activité sportive ou d’entraînement, soit qui prévoit la conclusion d’un contrat de travail ayant pour objet l’exercice rémunéré d’une activité sportive ou d’entraînement ne peut être exercée que par une personne physique détentrice d’une licence d’agent sportif. ».

    Ainsi, pour avoir le titre d’agent sportif, il faut que les parties soient mises en relation via un contrat relatif à une activité sportive et que l’une des parties soit une personne physique détentrice d’une licence.

    En pratique …

    Les agents sportif sont généralement des anciens sportifs de haut niveau ou des personnes qui connaissent parfaitement le secteur de sport et qui savent entretenir un réseau relationnel.

    L’agent doit être capable de repérer un bon joueur et de l’accompagner durant tout le déroulement de sa carrière. L’agent doit savoir conseiller un club sur la compositions d’une équipe.

    Il est intermédiaire dans la carrière d’un sportif. L’agent gère les déplacements, l’agenda et réalise les démarchages en vue de promouvoir au mieux la carrière de son joueur.

    Devenir agent ne nécessite pas de suivre une formation particulière. Toutefois, compte tenu de la complexité de ce métier, il est préconisé de s’inscrire à une formation privée pour mieux appréhender la réglementation sportive et disposer d’une base de connaissances juridiques pour pouvoir gérer les contrats sportifs.

    Au-delà de la formation d’agent sportif proposée par certains établissements, il importe que la personne qui souhaite se lancer dans ce corps de métier ait déjà pratiqué un sport et ait déjà un réseau constitué. De cette façon, il est déjà sensibilisé aux problématiques soulevées par la pratique sportive.

    Une fois que vous avez suivi une formation, su développer un réseau et trouver des sportifs talentueux, vous pourrez demander une licence auprès de la fédération délégataire compétente pour pouvoir exercer en tant qu’agent sportif.

    Un agent sportif perçoit une commission, un pourcentage sur les cachets de son ou ses joueurs. En principe, il touche au mieux 10 % maximum du salaire du joueur ou de l’indemnité de transfert. Mais cette commission peut être répartie entre plusieurs intervenants.

    Généralement, l’agent sportif se rémunère sur des opérations de taille modeste dans l’espoir que ses joueurs finissent par percer dans le milieu sportif.

    À noter que chaque opération doit être sécurisée juridiquement. C’est notamment au terme de leur accord que les parties détermineront le montant de la commission.

    Peut-on appliquer le statut d’agent sportif à l’e-sport ?

    L’agent sportif, au même titre qu’un agent d’affaires ou un agent artistique, agit au titre de mandataire ou d’un contrat d’agent.

    En sa qualité de mandataire, il doit respecter les directives du mandant, répondre du dol et des fautes commises dans sa gestion et rendre compte à son mandant de l’exécution de son mandat.

    Le statut de mandataire ne semble pas être adapté au secteur de l’e-sport dans la mesure où l’entreprise organisatrice de tournoi, ne doit pas rendre des comptes aux joueurs. Par ailleurs, elle ne peut engager sa responsabilité pour une faute commise par les e-joueurs.

    Enfin, les joueurs ne sont pas qualifiés juridiquement comme « artistes ». Par conséquent, la personne qui souhaite gérer la carrière de joueurs de l’e-sport ne peut être qualifiée d’agent artistique.

    Retrouvez notre vidéo explicative :
  • Les nouvelles plateformes de marketing d’influence

    Les nouvelles plateformes de marketing d’influence

    De nombreuses entreprises font appellent à des influenceurs pour promouvoir leurs produits et services.

    Avec cette nouvelle stratégie, elles souhaitent augmenter la notoriété de leur marque, toucher une communauté ciblée, promouvoir un évènement majeur, accompagner le lancement d’un nouveau produit ou service, ou tout simplement tirer profit des nouveaux outils de communication.

    La stratégie d’influence se base sur les influenceurs les plus pertinents.

    Qui sont les nouveaux influenceurs ?

    – Les blogueurs influents

    – Les experts qui twittent

    – Les associations connectées sur le web

    – Les e-journalistes

    – Les youtubeurs

    – Les instagramers

    Comment les entreprises collaborent avec les youtubeurs ?

    Généralement, les entreprises contactent les youtubeurs influents pour parler ou tester leur produit ou service, en échange d’une contrepartie financière ou autres avantages.

    Il s’agit d’un « placement de produit, d’une publicité rémunérée.

    Donc, leur collaboration est purement commerciale.

    Aussi, l’autorité de régulation professionnelle de la publicité suggère aux entreprises et aux youtubeurs d’adopter certaines pratiques de transparence et de loyauté à l’égard des tiers, comme par exemple, d’indiquer quand la vidéo est sponsorisée par une marque.

    Selon, la Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique en date du 21 juin 2004, dite LCEN : «Toute publicité, sous quelque forme que ce soit, accessible par un service de communication au public en ligne, doit pouvoir être clairement identifiée comme telle. Elle doit rendre clairement identifiable la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est réalisée.

    L’alinéa précédent s’applique sans préjudice des dispositions réprimant les pratiques commerciales trompeuses prévues à l’article L. 121-1 du code de la consommation »1 (article 20 de la LCEN).

    L’article L. 121-1 du Code de la consommation pose un principe général d’interdiction des pratiques commerciales déloyales.

    Parmi les pratiques commerciales déloyales, on distingue les pratiques commerciales trompeuses des pratiques commerciales agressives.

    Constitue une pratique commerciale trompeuse le fait « d’utiliser dans les médias un contenu rédactionnel, financé par le professionnel lui-même, pour faire la promotion d’un produit ou d’un service, sans l’indiquer clairement dans le contenu ou à l’aide d’images ou de sons clairement identifiables par le consommateur ».

    Par conséquent, tout youtubeur-influenceur doit indiquer clairement dans ses vidéos, si ces dernières font l’objet d’un partenariat ou d’un placement de produit, afin de ne pas créer une confusion ou induire en erreur sa communauté.

    Quels sont les dangers d’une telle pratique ?

    Faire la promotion de produits et/ou services peut arrondir les fins de mois ou compléter un revenu. C’est pourquoi, beaucoup de youtubeurs, et, surtout des jeunes youtubeurs, n’hésitent pas à solliciter les marques pour faire du webmarketing, au risque de frôler l’illégalité, en exposant trop leur intimité.

    Il devient essentiel de mettre en place un cadre juridique plus adapté aux usages de la plateforme YouTube par les mineurs. En attendant, il importe que les parents puissent donner leur consentement avant toute ouverture de chaîne, toute diffusion de vidéo, toute ouverture de compte sur les réseaux sociaux.

    Notons que la plateforme YouTube a renforcé ses méthodes de filtrage et a décidé d’intensifier les restrictions concernant les vidéos impliquant des enfants.

    Enfin, poster régulièrement des vidéos et promouvoir certains produits ou services peuvent susciter certaines réactions violentes et agressives.

    Aussi, pour modérer les conversations, il est conseillé de configurer des filtres pour gérer les commentaires, en excluant certains mots-clés, et de signaler tout abus.

  • La mise en conformité au RGPD

    La mise en conformité au RGPD

    Le règlement général sur la protection des données du 27 avril 2016, dit RGPD, est entré en vigueur le 25 mai 2016, remplaçant la Directive sur la protection des données personnelles adoptée en 1995. Les dispositions du RGPD sont applicables dans l’ensemble des 28 États-membres de l’Union européenne à compter du 25 mai 2018. Le RGPD renforce le droit des personnes au niveau individuel et impose des nouvelles obligations aux responsables de traitement.
    Sont concernées par le RGPD, toutes les grandes entreprises de plus de 250 salariés, les TPE et les PME, qui ont dû se mettre en conformité, en modifiant les procédures existantes ou en mettant en place des procédures sécurisées de traitement des données personnelles; si elles ne veulent pas être sanctionnées durement par les autorités de régulation (par exemple : la CNIL).

    Quelles sont étapes de mise en conformité ? Quels sont points essentiels du RGPD ?

    • Désigner un délégué à la protection des données (DPO/DPD)

    Le DPD a des compétences en matière juridique et technique. Il est souvent présenté comme étant le chef d’orchestre de la conformité au sein d’une entreprise. Il est garant du respect de la réglementation au sein d’une structure : il informe et conseille le responsable du traitement et les employés ; il veille au respect du règlement en matière de protection des données et des règles internes ; il dispense des conseils en ce qui concerne la protection des données et coopère avec les autorités de contrôle (à l’occurrence la CNIL, en France) sur les questions relatives au traitement des données.

    Le DPD représente une aide non-négligeable pour l’entreprise. Il conseille et assiste l’entreprise dans ses démarches.

    • Cartographier et tenir des registres de traitements

    Il faut recenser l’ensemble des traitements de données personnelles, informatisés ou sous forme d’archives papier. Il faut s’assurer que le traitement actuel soit en conformité aux exigences légales en matière de sécurité, de conservation des données et de respect des droits des personnes.

    Ce travail de recensement peut être demandé ultérieurement par la CNIL.

    L’employeur doit cartographier l’ensemble des traitements relatifs aux ressources humaines et marketing qui utilisent de nombreuses données nominatives.

    Notons, qu’il est recommandé de cartographier, dès à présent, les contrats passés avec les partenaires commerciaux et les sous-traitants puisque certaines dispositions du RGPD seront obligatoires dans les contrats de sous-traitance.

    • Définir les actions à mener

    Il s’agit de définir quels sont les moyens mis à la disposition de l’entreprise pour sécuriser les données (anonymisation, chiffrement).

    Il faut par ailleurs, déterminer quelles sont les modalités d’exercice des droits des personnes en ce qui concerne le recueil du consentement et le droit à l’oubli.

    L’employeur ne peut collecter que les données adéquates, pertinentes et strictement nécessaires à la finalité du traitement.

    De même, au sein même de l’entreprise, doit être établie une politique de durée de conservation des données prévoyant la possibilité de supprimer les données dès lors qu’elles ne présentent plus aucune utilité eu égard de l’objectif visé.

    Toute la politique de confidentialité doit être révisée en profondeur afin de protéger les droits des personnes.

    • Gérer les risques

    Il est demandé aux entreprises de savoir gérer les risques et d’identifier clairement les traitements de données pouvant engendrer des risques conséquents pour les droits et libertés des personnes.

    Le RGPD met en place des études d’impact sur la vie privée et la protection des données et consacre le principe « d’accountabilité ».

    • Gérer le processus interne

    L’entreprise et le DPD doivent établir un plan de mise en conformité.

    Pour ce faire, il faud réviser les procédures internes et organiser la circulation de l’information au sein de l’entreprise.

    Les nouvelles procédures internes doivent prioriser la protection des données durant toutes les phases d’un traitement (la collecte, la gestion des demandes de rectification ou d’accès, les changements de prestataires, les modifications des données collectées, les failles de sécurité, la suppression).

    • Sensibiliser les collaborateurs

    La sensibilisation consiste à former les salariés aux nouvelles dispositions prévues par le RGPD et de disposer d’une documentation complète.

    Un registre doit ainsi être tenu par le DPD. Sont listés : les différentes collectes de données, les catégories de données traitées, les outils de traitement, les procédures de vérification de la sécurité des données, les failles de sécurité, les habilitations des accès.

    Un bilan doit répertorier toutes les actions menées en faveur de la protection des données personnelles.

    Parallèlement, l’employeur doit informer ses salariés ou candidats à l’embauche de la mise en place du traitement des données personnelles, de ses finalités et des modalités de mise en œuvre.

    L’information doit être délivrée de façon claire et apparaître sur divers supports (site internet de l’entreprise, documents internes à l’entreprise, contrats de travail, le règlement intérieur).

    Enfin, avant toute collecte de données personnelles, l’employeur doit s’assurer d’avoir préalablement recueilli le consentement du salarié ou du candidat (opt-in). Il doit prévoir à cet effet, des systèmes de collecte tels qu’une autorisation écrite ou un formulaire avec des cases à cocher.

    Quelles sont les différentes sanctions prévues par le RGPD ?

    Les sanctions administratives peuvent consister en : « 10 000 000 euros d’amende ou, dans le cas d’une entreprise, jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial total de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu » (article 83).

    Le RGDP prévoit un cumul de sanctions administratives et pénales.

    L’entreprise condamnée peut se voir interdire de poursuivre tout ou partie le traitement de données personnelles, d’utiliser les données recueillies ou de les transférer.

    Enfin, la victime peut obtenir réparation de son préjudice sur le plan civil et/ou administratif en engageant une action en justice.

     

    1 Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016

    Retrouvez notre vidéo explicative :
  • Les licences libres

    Les licences libres

    Les licences libres sont des contrats par lesquels l’auteur autorise la copie, la modification, la distribution et la diffusion de son œuvre par un large public, et ce, de manière concurrente, sans pour autant transférer les droits d’auteur qui y sont attachés.

    Ainsi, une œuvre sous licence libre demeure la propriété de son auteur. L’auteur continue d’exercer ses droits patrimoniaux en définissant, par avance, comment son œuvre pourra être copiée, modifiée, distribuée et diffusée.

    Une œuvre sous licence libre se distingue d’une œuvre entrée dans le domaine public, dont le délai de protection du droit patrimonial de l’auteur est expiré (70 ans après la mort de l’auteur).

    Généralement, l’œuvre sous licence libre est mise gratuitement à la disposition du public, et ce, en toute légalité.

    Selon les dispositions de l’article L. 122-7 alinéa 1 du Code de la propriété intellectuelle (CPI) : « Le droit de représentation et le droit de reproduction sont cessibles à titre gratuit ou à titre onéreux ».

    De même, selon l’article L.122-7-1 « L’auteur est libre de mettre ses œuvres gratuitement à la disposition du public, sous réserve des droits des éventuels coauteurs et de ceux des tiers ainsi que dans le respect des conventions qu’il a conclues ».

    Quelles sont les œuvres pouvant être sous licence libre ?

    Longtemps réservés aux logiciels, les contrats de licence libre se sont étendus, progressivement à la musique, aux films, aux dessins, aux documents, à la photographie, à la littérature, au graphisme, au jeu vidéo, au multimédia, entre autres.

    Comment reconnaît-on une œuvre sous licence libre ?

    Généralement, l’auteur autorise gracieusement l’accès, la copie, la diffusion et la modification de son œuvre, sous réserve que les sources ou références de l’œuvre soient mentionnées.

    Il existe différentes licences libres présentant chacune des spécificités. Il existe, par ailleurs, des combinaisons de logos représentatifs des autorisations pouvant être données aux utilisateurs.

    Les licences Creative Commons peuvent comporter des conditions et restrictions supplémentaires.

    • L’option « Attribution » (BY). Elle consiste à mentionner le nom de l’auteur et les sources. Exigence de respect de la paternité commune à de nombreuses licences libres.
    • L’option « Pas d’utilisation commerciale » (NC). L’auteur autorise la reproduction, la diffusion ou la modification sous réserve d’un usage non-commercial.
    • L’option « Partage dans les mêmes conditions » (SA). L’auteur autorise la reproduction, la diffusion ou la modification de son œuvre si l’utilisateur partage l’œuvre délivrée aux mêmes conditions que l’œuvre initiale.
    • L’option « Pas de Modification » (ND) . L’auteur interdit la création d’œuvres dérivées. Il autorise uniquement la reproduction ou la diffusion de l’œuvre original. Toute modification doit être autorisée préalablement par l’auteur.

    Les quatre options peuvent se combiner.

    On distingue 6 licences CC usuelles, à savoir :

    (CC BY) Paternité mentionnée (attribution)

    (CC BY-SA). Attribution et partage dans les mêmes conditions.

    (CC BY-ND). Attribution et pas de modification.

    (CC BY-NC). Attribution et pas d’usage commercial.

    (CC BY-NC-SA). Attribution, pas d’usage commercial et partage dans les mêmes conditions.

     (CC BY-NC-ND). Attribution, pas d’usage commercial, pas de modification (seul le partage de l’œuvre originale sans modification à des fins non-commerciales est possible).

    • La Licence Art Libre

    La Licence Art Libre autorise, gratuitement ou onéreusement, tout utilisateur à copier, diffuser, transformer une œuvre sous réserve de maintenir l’œuvre modifiée sous la même licence ou sous une licence compatible.

    De plus, l’utilisateur qui diffuse une œuvre sous Licence Art Libre doit mentionner le nom du ou des auteurs qui ont contribué à l’œuvre commune.

    Le non-respect des conditions prévues par la Licence Art Libre peut constituer un acte de contrefaçon engageant les responsabilités civile et pénale de l’utilisateur.

    En pratique …

    Il appartient à l’auteur de préciser aux tiers quels sont les éléments soumis à la licence libre et de les mentionner de manière apparente (par exemple dans les mentions légales)

    S’il s’agit d’une œuvre commune, l’ensemble des auteurs devront donner leur accord quant au contenu de la licence libre.

    Bien qu’une œuvre soit libre de droits, elle n’en demeure pas moins que l’auteur conserve son droit moral et qu’il peut contrôler, à tout moment, les utilisations qui en sont faites.

    Il importe, dès lors, de respecter l’intégrité de l’œuvre et de ne pas porter atteinte au droit moral de l’auteur en citant, par exemple, son nom et le titre de l’œuvre utilisée.

    Faut-il utiliser les licences libres ?

    Les licences libres favorisent la création et l’accès à un patrimoine culturel vaste où chaque individu peut devenir à son tour créateur. Aussi, on peut parler de partage et d’enrichissement personnel.

    Toutefois, la plupart des licences libres sont gratuites, ne donnant pas lieu à rémunération directe des auteurs. On peut, dès lors, se demander comment les auteurs se rémunèrent-ils d’une exploitation sous licence libre ? Quel est l’intérêt, pour l’auteur, de placer son œuvre sous licence libre ?

    Généralement, la licence libre permet à un auteur de partager librement ses création tout en gardant le contrôle de ce qui est fait de ses œuvres. L’auteur est pleinement maître de ses droits.

    Par ailleurs, une œuvre gratuite et placée sous licence libre est plus facilement partagée, et peut aider un artiste à se faire connaître.

    Enfin, la rémunération de l’auteur peut consister en un don, la reconnaissance sociale ou une publicité.