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  • La rémunération forfaitaire des auteurs

    La rémunération forfaitaire des auteurs

    Généralement, les auteurs perçoivent d’un commun accord avec les maisons d’édition une rémunération proportionnelle, soit un pourcentage sur les ventes (articles L.131-4 et L.132-5 du Code la propriété intellectuelle).

    Toutefois, il existe des exceptions à la rémunération proportionnelle des auteurs.

    C’est notamment le cas des exploitations qui ne gérèrent aucune recette via une vente au public, dites exploitations gratuites. Celles-ci peuvent donner lieu à une rémunération au forfait.

    Selon les dispositions de l’article L.131-4 du CPI « la rémunération de l’auteur peut être évaluée forfaitairement dans les cas suivants :

    1. La base de calcul de la participation proportionnelle ne peut être pratiquement déterminée ;
    2. Les moyens de contrôler l’application de la participation font défaut ;
    3. Les frais des opérations de calcul et de contrôle seraient hors de proportion avec les résultats à atteindre ;
    4. La nature ou les conditions de l’exploitation rendent impossible l’application de la règle de la rémunération proportionnelle, soit que la contribution de l’auteur ne constitue pas l’un des éléments essentiels de la création intellectuelle de l’œuvre, soit que l’utilisation de l’œuvre ne présente qu’un caractère accessoire par rapport à l’objet exploité. »

    Cette rémunération forfaitaire de l’auteur concerne certains types d’ouvrage. L’article L.132-6 du CPI dispose que : « En ce qui concerne l’édition de librairie, la rémunération de l’auteur peut faire l’objet d’une rémunération forfaitaire pour la première édition, avec l’accord formellement exprimé de l’auteur, dans les cas suivants :

    1° Ouvrages scientifiques ou techniques ;

    2° Anthologies et encyclopédies ;

    3° Préfaces, annotations, introductions, présentations ;

    4° Illustrations d’un ouvrage ;

    5° Éditions de luxe à tirage limité ;

    6° Livres de prières ;

    7° A la demande du traducteur pour les traductions ;

    8° Éditions populaires à bon marché ;

    9° Albums bon marché pour enfants.

    Peuvent également faire l’objet d’une rémunération forfaitaire les cessions de droits à ou par une personne ou une entreprise établie à l’étranger.

    En ce qui concerne les œuvres de l’esprit publiées dans les journaux et recueils périodiques de tout ordre et par les agences de presse, la rémunération de l’auteur, lié à l’entreprise d’information par un contrat de louage d’ouvrage ou de services, peut également être fixée forfaitairement. »

    Notons que la rémunération forfaitaire ne peut s’appliquer qu’à la première édition et avec l’accord formellement exprimé de l’auteur. Elle ne peut avoir lieu que pour une durée déterminée et pour les contrats déjà signés.

    Est-ce que le forfait est définitif ?

    Le forfait peut être révisé en cas de lésion si le préjudice subi est de plus des sept-douzièmes.

    En principe, le juge apprécie la situation de l’auteur au jour de la conclusion du contrat et des éléments de revendication.

    Il importe de tenir compte du fait que la demande de révision de forfait pour lésion doit être fait dans un délai de cinq ans à compter du jour de la conclusion du contrat ?

    Le forfait peut également être révisé sur la prévision est insuffisante.

    Face au grand succès inattendu du livre, l’auteur va pouvoir demander à son éditeur de réviser le prix de cession sur la base des chiffres de ventes. L’auteur peut obtenir une augmentation de son forfait ou demander à ce que sa rémunération forfaitaire soit transformée en rémunération proportionnelle.

    Dans ce cas, la prescription est décennale à partir du jour où l’insuffisance des prévisions à été caractérisée.

    La révision, dans les deux cas, ne pourra se faire que dans le cadre d’une action judiciaire.

    Quelle protection espérer en présence d’une cession à titre gratuit ?

    De nombreux auteurs acceptent de céder leur droit à rémunération en contrepartie d’une visibilité, de promouvoir une cause et d’une reconnaissance ultérieure.

    Or une cession n’est pas sans conséquence d’un point de vue juridique.

    Même si la cession est faite à titre gratuit, il n’en demeure pas moins que les règles de la propriété intellectuelle doivent être mises en exergue. Un contrat d’édition doit être rédigé. Il sera fait mention dans ledit contrat de la cause de la cession à titre gratuit.

  • Comment peut-on s’auto-éditer ?

    Comment peut-on s’auto-éditer ?

    Beaucoup d’écrivains qui peinent à trouver une maison d’édition décident de s’auto-éditer. Mais en quoi cela consiste t-il ?

    L’auto édition est avant tout une manière de revaloriser la liberté de création de tout auteur. En s’auto-éditant, l’auteur n’a plus à créer, rédiger dans un temps délimité et selon la charte éditoriale d’une maison d’édition.

    Par ailleurs, en s’auto-éditant, l’auteur détient la totalité de ses droits d’auteur : un droit moral et des droits patrimoniaux.

    Aussi, de nombreuses plateformes d’auto édition se développent sur Internet et proposent des services diversifiés en faveur des artistes qu’ils soient déjà connus ou pas encore connus par le grand public.

    Cette prestation de service présente de nombreux avantages et séduit de plus en plus d’écrivains. Beaucoup d’auteurs anonymes ont connu le succès au moyen de l’auto-édition et ont pu, par la suite, être contactés par des maisons d’édition « traditionnelles ».

    Et en pratique …

    L’auteur décide d’éditer tout seul son livre et pour se faire, il prend en charge tous les frais liés aux étapes du processus d’édition (de l’écriture jusqu’à la distribution).

    L’auto édition diffère de l’édition à compte d’auteur, en ce qu’avec l’auto-édition l’auteur s’occupe tout seul des étapes d’édition et de publication.

    L’auteur conserve ses droits d’auteur et fixe lui-même le prix de vente. Aussi, il perçoit l’intégralité des recettes issues de la vente des livres ou un pourcentage des bénéfice s’il vend via une plateforme Internet.

    Vous avez décidé de vous auto-publier, mais vous ne savez pas par où commencer.

    Sachez que dans un premier, il est important de soigner la mise en page du livre et de procéder à toutes les corrections (style, orthographe, grammaire).

    Plus votre livre sera soigné et confortable pour la lecture, et plus vous saurez captiver vos futurs lecteurs.

    Misez également sur une belle couverture qui attire le regard. Pour concevoir une couverture originale, vous pouvez faire appel à un graphiste.

    Il est essentiel de confier à un professionnel l’impression de votre livre. Notez que sur certaines plateformes d’auto édition, vous pouvez imprimer à la demande, au nombre d’exemplaires que vous désirez.

    Il importe de préciser que chaque livre doit être déposé dès qu’il est diffusé au-delà du cercle familial. Il s’agit d’un dépôt légal BNF pour protéger les droits d’auteur de l’écrivain.

    De même, chaque exemplaire d’une même œuvre soumise au dépôt légal doit comporter un numéro ISBN.

    Comment faire la promotion de son livre ?

    En s’auto-éditant, l’auteur accepte de prendre en charge les frais de publicité, de diffusion et de promotion. Ainsi, il doit financer les promotions à l’occasion des salons, séances de dédicaces en librairie et sur Internet.

    L’auteur doit chercher tout seul ses lecteurs potentiels et contacter les salons de livres ou librairies.

    Il peut également faire sa promotion sur les réseaux sociaux.

    Notons que les frais d’expédition sont à prendre en compte dans le calcul du prix de vente du livre.

    En choisissant l’auto-édition en ligne, les frais d’impression, de gestion et d’envoi sont inexistants. La procédure est dématérialisée et simplifiée en choisissant la version numérique.

    Quel est le cadre juridique de l’auto-édition ?

    Pour pouvoir s’auto-éditer, l’auteur doit disposer d’une structure juridique s’il souhaite se verser des droits d’auteur. Bien qu’il ne soit pas obligatoire de créer une société ou une association, l’administration fiscale considère qu’exercer avec une forme juridique offrira à l’auteur plus de garanties.

    Choisir de créer une association présente l’avantage de n’être pas soumis à l’impôt sur les sociétés ni à la taxe professionnelle et à la TVA.

    Toutefois, il faut bien définir quels seront la rémunération et avantages des dirigeants et vérifier l’état de concurrence vis-à-vis des tiers.

    À défaut de pouvoir créer une association, l’auteur peut s’auto-éditer en créant une société (excepté la société en commandite).

    Généralement, les auteurs choisissent de recourir à la SARL ou EURL s’il n’existe qu’un seul associé.

    Les sociétés commerciales sont soumises à la TVA, à l’impôt sur les sociétés et à diverses taxes. De cette façon, l’écrivain peut se verser des droits d’auteur.

  • Les relations juridiques des acteurs de l’édition

    Les relations juridiques des acteurs de l’édition

    Vous avez écrit un livre et vous avez contacté une maison d’édition pour lui soumettre votre œuvre. Vous vous demandez comment votre livre va être relayé et distribué une fois qu’il sera sélectionné.

    Dans un premier temps, un contrat va être conclu entre votre éditeur et un diffuseur ou votre éditeur et un distributeur.

    L’éditeur n’ayant pas la capacité d’assurer la commercialisation du livre qu’il souhaite publier, doit faire appel à des intermédiaires via un contrat d’exclusivité plus ou moins étendue.

    Toutefois, l’éditeur peut conserver la faculté de vendre directement, par correspondance, par courtage ou par abonnement.

    L’exclusivité accordée au diffuseur ou au distributeur est limitée au territoire français et peut être étendue à des pays francophones (à prévoir dans ledit contrat).

    La diffusion et la distribution à l’étranger ne sont pas nécessairement incluses dans l’exclusivité.

    L’éditeur garanti à son cocontractant (diffuseur et/ou distributeur) contre toute revendication concernant le contenu de l’œuvre diffusé et/ou distribué eu égard aux dispositions du code de la Propriété intellectuelle et du respect des droits de la personnalité.

    De même, l’éditeur s’engage à livrer le ou les livres à la date et au lieu convenu ainsi qu’à fournir le matériel de promotion nécessaire et à informer son cocontractant de son programme éditorial ou dates de parution.

    L’éditeur doit assurer l’ensemble des formalités légales ou d’usage.

    Parallèlement, le diffuseur s’engage à assurer la prospection de la clientèle de détaillants par son réseau de représentants et à assurer la publicité relative au livre qu’il diffuse.

    Le distributeur, quant à lui, s’engage à distribuer le livre selon ses propres méthodes de stockage, de prise de commande et de livraison. Il doit transmettre à l’éditeur, selon une périodicité fixée dans le contrat, les informations concernant l’état des stocks, le montant des ventes et des retours.

    Enfin, le contrat doit énumérer les conditions dans lesquelles les ouvrages stockés sont assurés et les conditions de la rupture éventuelle du contrat.

    Comment les acteurs de l’édition se rémunèrent-ils ?

    Le diffuseur, le distributeur et la librairie se rémunèrent par une remise calculée sur le prix de vente au public de l’ouvrage fixé par l’éditeur.

    À cette remise, s’ajoute la facturation de prestations spéciales, prévues par ledit contrat.

    À noter que la remise résulte de la libre négociation entre les parties, sauf la remise accordée au libraire sur le prix de vente au public (loi n° 81-766 du 10 août 1981 relative au prix unique du livre).